Façade Est de l'église St Martin

     
 

Cette façade qui forme l’abside de la construction correspond, intérieurement, au chœur de l’église Saint Martin. Elle se décompose en cinq pans distincts.

En prenant un peu de recul vous constaterez que les pans deux, trois et quatre, qui forment l’abside, comportent en partie haute l’amorce d’une baie supérieure obstruée signifiant que l’église avant reconstruction était beaucoup plus haute.

En partant de l’angle Nord-Est le plus proche du côteau :

Le premier pan est doté d’une grande baie vitrée en ogive de style roman et est coupé verticalement par un contrefort large et puissant destiné à lutter contre les fortes poussées de l’édifice côté Sud et les poussées latérales de la face Nord. Le contrefort possède dans sa partie supérieure un décor très ouvragé avec au centre une tête d’angelot.

Dans l’angle formé par le pan et la partie droite du contrefort vous pouvez voir une colonnette surmontée d’un culot de forme octogonale et richement décorée de feuille d’acanthe. Sur le dais qui domine ce culot vous pouvez distinguer une belle coquille. Encore plus haut figure un autre culot et un autre dais avec pour motif un lion avec sa crinière qui a une patte étendue et qui de l’autre tient un livre sur lequel en observant vous pouvez lire la date : 1537. Cette allégorie d’un lion, qui symbolise la résurrection, associée à une date est importante car elle marque la période durant laquelle l’église a fait l’objet d’une reconstruction majeure.

Le second pan est percé d’une grande baie rectangulaire à trois lancettes gothiques et un vitrail animé. Sur le contrefort de gauche vous pouvez observer les décors déjà remarqués sur le pan précédent : des dais gothiques stylisés. A la jonction des deux dais supérieurs vous remarquerez la présence d’une tête d’ange.

Dans l’ange formé par le contrefort gauche et le pan figure une niche à statue dont le culot comporte des têtes d’homme avec au centre une tête de lion. Le dais qui le surplombe possède trois niveaux :

  • le niveau inférieur présente deux têtes de saint celui de droite est très bien conservé celui de gauche est particulièrement érodé.
  • Le niveau central est composé lui de trois personnages en pied (des apôtres) dont l’un a pratiquement disparu.

Dans l’angle formé par le pan et le contrefort de droite on retrouve une colonnette qui fait le pendant de l’autre. Elle supporte également un culot de niche de statue et un dais à trois niveaux dont les deux premiers niveaux sont très ouvragés avec des colonnades et des voussures représentant des hydres ou des serpents. Sur son sommet figure un ange en pied sur une coquille qui semble tenir un enfant dans ses bras.

Sur les autres côtés visibles de ce contrefort vous pouvez remarquer des motifs gothiques sur deux niveaux.

Le troisième pan correspond à l’arrière du chœur de l’église. Il possède une grande baie vitrée rectangulaire à trois lancettes avec un vitrail contemporain. C’est le pan le plus haut, il correspond à la dénivellation la plus importante par rapport au sol intérieur de l’église (plus de quatre mètres).

Sur les deux contreforts droite et gauche figure en partie supérieure la même ornementation de style gothique à cinq niveaux de feuilles d’acanthe.

A l’angle du contrefort de gauche avec le pan vous distinguez une niche à statue dont le culot comporte l’emplacement de deux têtes d’hommes dont l’une d’elle manque. Le dais correspondant au culot présente au premier niveau deux tête d’hommes et au second niveau un tabernacle ou reliquaire.

Juste en dessous de la baie vitrée vous ne pouvez pas manquer de remarquer l’inscription révolutionnaire « Temple de la raison et de la philosophie » puis encore plus bas « Liberté, Egalité, Fraternité ».

Ces inscriptions sont les stigmates de la période révolutionnaire durant laquelle le culte catholique, si longtemps associé à la monarchie et considéré comme absolutiste, est remis en cause. Cette inscription date de 1793-1794 à un moment où les religions anciennes ont été supprimées au profit du culte de la Raison (automne 1793-printemps 1794) puis du culte de l’Être-Suprême (printemps 1794-été 1794). La Révolution française instaure cet étrange culte de de l’Être suprême et cette inscription va alors s’afficher sur quelques façades d’église. (En savoir plus).

Aujourd’hui Saint Martin d’Ivry est la seule des rares églises de l’Eure qui conserve l’inscription complète, les autres ayant seulement gardées : Liberté, Egalité Fraternité.

Le quatrième pan présente une large baie vitrée rectangulaire à trois lancettes sans vitrail animé.

Dans l’angle formé avec le contrefort de droite une niche à statue s’orne de la représentation d’un petit livret et à sa base d’une coquille. Le dais comporte trois niveaux. Le niveau central représente un tabernacle ou reliquaire en forme de temple à colonnade. Le niveau supérieur présente lui un personnage difficilement reconnaissable mais avec une chevelure abondante. Le contrefort est surmonté d’une urne à deux anses ornées en son centre d’une tête d’ange et de guirlandes. Sur les côtés visibles du contrefort vous pouvez voir des décors gothiques sur trois niveaux.

Le cinquième pan de mur possède une baie vitrée en ogive de style roman dénuée de vitraux depuis la dernière guerre. Entre les deux baies vous pouvez remarquer les restes d’une frise décorative. A la base de l’angle formé par le pan quatre et le pan trois vous pouvez observer une colonnette qui s’élève jusqu’au premier tiers de la baie vitrée et s’achève par un culot statuaire. Un peu plus haut ce culot est surplombé par un dais de facture moderne.

 
 

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