6- Front oriental Façade Est

     
 

 

Le flan Est domine le bourg d’Ivry et toute la vallée de l’Eure qui formait la frontière avec la Francie sur plus de 60 m de long.

Très abrupt à l’époque, le chemin sur lequel vous circulez n’existait pas, ce que nous appelons également façade ou front oriental était sans doute le plus difficile d’accès. Plusieurs fois remanié au fil des siècles il rassemble et illustre à lui seul l’ensemble de l’évolution architecturale militaire de la forteresse.

En partant de la base de la tour Nord du XIIIe siècle que vous venez de voir vous distinguez :

Tout d’abord une poterne à l’abri de la tour qui marque la communication de la gaine de défense édifiée au XIIe siècle avec certainement d’anciens hourds défensifs en surplomb sur le vide

Ensuite la silhouette d’une petite tour carré dont la date de construction oscille entre le XIe et XIIe siècle et dont, malgré les  recherches effectuées depuis 1968,  nous ne pouvons donner l’utilité réelle.

En poursuivant vous arrivez devant les vestiges d’une grosse tour de flanquement en forme de fer à cheval plaquée contre la façade oriental de la tour d’Origine du Xe siècle. Elle a été construite en même temps que son pendant côté Ouest au début du XIIe siècle suite aux ravages causés par l’attaque et l’incendie du château par Louis le Gros en 1119. Par son avancée elle renforce les défenses en offrant une couverture de protection plus importante à 180 degrés du front oriental.

Sa construction, en mur de plus de 2,60 m d’épaisseur, englobe un imposant contrefort qui consolide les murs de la tour d’origine de L’architecte Lanfred. Même si cette paroi a été rappareillée en partie supérieure au cours des siècles on peut distinguer à sa base l’appareil en opus spicatum (en épis ou arêtes de poisson) caractéristique de la construction originale du Xe siècle.

L’absence de communication apparente avec la tour d’origine laisse à penser que l’accès à cette tour se faisait par le haut via la courtine qui ceinture la tour d’origine.

La présence à son niveau bas d’un passage voûté en berceau surbaissé de près de 1 m de largeur et sans aucun dispositif de fermeture indique qu’à ce niveau il existait un passage permettant d’accéder à une coursive dominant une braie ou fausse braie construite en même temps en avant de la façade originelle et en prolongation de la tour en allant vers la gauche

De cette braie ou fausse braie (voir définition d'une braie) il ne reste que deux fosses que vous pouvez apercevoir du ras du sol. Elles englobent un contrefort à la tête duquel vous pouvez observer qu’un passage a été comblé en pierres. En absence d’observation directe ou de données topographiques exactes il est impossible de donner la hauteur précise de cette braie ou fausse braie. Les fouilles entreprises n’ont pas été assez loin pour déterminer s’il  y avait, sur cette portion du front, un ou plusieurs niveaux de défense. Le seul indice laissant supposer que cela descendait plus bas est donné par la présence au ras du sol, à l’extrémité gauche de la deuxième fosse, des vestiges d’une meurtrière.

Le front oriental se termine par une construction en pointe qui pose interrogation compte-tenu de l’inclinaison de l’appareil en pierre. En attendant d’éventuelles fouilles qui permettront, nous l’espérons, plus d’éclaircissement, plusieurs hypothèses existent : soit il s’agit-il d’un pan de mur écroulé lors du démantèlement du château au début du XVe siècle, soit c’est la prolongation de la braie ou fausse braie, soit c’est la paroi d’une fosse, sorte de dépotoir dans lequel de nombreux objets ont été trouvés, venant mourir en pointe dans l’encoignure d’une tour qui bornait la façade côté Sud. et dont il ne reste plus qu’un amas informe.

La présence des vestiges d’un arc de décharge en partie haute du mur situé derrière la meurtrière au ras du sol atteste qu’à cet endroit, il y avait une coursive qui ceinturait une construction en prolongement de la tour d’origine. Vous pouvez observer le démarrage de cette extension grâce à la rupture de plan entre les deux façades et au chaînage nettement visible en grosses pierres de taille qui marque l’angle de la tour d’origine et le début de la construction plus tardive.

De la tour qui marque la limite extrême  de la façade il ne reste qu’un amas informe de pierres. Mais selon toute hypothèse cette tour était similaire à la tour Nord et avait le même objectif : permettre une défense active du secteur Sud Est.

 

 
 

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